dimanche 14 février 2021

Les atermoiements de Jacques Brune face au Tiers Lieux

 


    En octobre dernier, le président de la CCHB, Jacques Brune, mandatait un cabinet d'études (un de plus !) afin d'étudier la faisabilité économique d'un nouveau tiers lieux initié cette fois, par la Communauté de Communes. Nul ne connaît les conclusions de l'étude mais M Brune semble vouloir enterrer le projet, c'est du moins ce que sa déclaration dans la presse ce 3 février laisse présager : "Il y a déjà un Tiers Lieux à côté qui fonctionne. Il a trouvé son modèle, son local, son fonctionnement....on travaille sur un accompagnement possible."

    Outre les milliers d'euros jetés par la fenêtre pour une nième étude inutile (17 850€), les citoyens sont en droit de connaître clairement les ambitions de la CCHB sur le sujet.

    Depuis 2015, existe sur Bagnères un Tiers Lieux dans l'ancien bâtiment des câbleries, sur le site industriel Soulé. L'objectif de l'association ainsi créée, Tiers-Lieux en Bigorre était : "mettre à disposition des espaces mutualisés, favoriser l’émergence d’initiatives économiques, sociales, culturelles et environnementales et faciliter la mise en réseau d’acteurs du territoire, dans toute leur diversité."

    Le bâtiment occupé par cette association a, selon les informations publiques, été acheté par la SAS "Tiers-Lieux invest" dont le président a été mandaté pour acquérir l'ensemble immobilier pour la somme de 240 000€, à la SARL DJM (dont le gérant était M Jean Goulesque). Cette SAS "Tiers lieux invest" est une société à actions simplifiée dont le président détient à lui seul plus de 58% des parts (2800parts de 10€ chacune sur 4800 parts en tout). Chaque part donne droit à une voix ce qui signifie que le Président est en capacité seul, de prendre toutes les décisions. (Acte notarié)

    Les liens du Président de la SAS avec l'école Steiner de Bagnères sont avérés car c'est aussi lui qui, via 2 sociétés (SA Propolis et SAS Philetairus), a investi sur le site Serbois (700 000€ selon la presse) sur lequel l'association des Boutons d'Or a pour projet la construction d'une école et d'un collège Steiner.

    Des questions se font jour à la lecture des derniers propos de M Brune : quel "accompagnement" envisage-t-il ? sous la forme de subventions ? ou bien via le rachat des bâtiments ? ce qui signifierait renflouer le promoteur de l'école Steiner avec de l'argent public, ce qui peut être ressenti comme très douteux par la population....

    Quel que soit le choix de la CCHB, cela passera obligatoirement par une convention d'objectifs et de moyens qui changera de fait, la nature même du projet. En effet, qui dit subventions publiques introduit obligatoirement un droit (voire un devoir) de regard de la collectivité sur les activités proposées. Et il n'est pas acquis que les membres de l'association Tiers-Lieux en Bigorre acceptent si facilement de voir leurs marges de manœuvre réduites.

    D'autre part, M Brune compte-t-il "accompagner" les activités industrielles ou culturelles ? Sachant que le but du Tiers-Lieux est de proposer l'hébergement à des activités commerciales privées, des subventions attribuées à ces activités auraient pour conséquence de créer des distorsions de concurrence avec des commerces identiques de centre-ville (brasserie, travailleurs indépendants, ....). Ne perdons pas de vue qu'il existe, dans le tout proche voisinage du Tiers Lieux, un site de coworking, BANU - Bagnères Coworking qui propose un espace de travail avec bureaux à partager ou privatifs (BANU).

    La CCHB qui a fait le choix logique, d'annuler les loyers des activités commerciales dont elle a la charge, n'a cependant pas jugé utile d'appliquer cette bienveillance à l'ensemble des commerces impactés par la crise sanitaire, car la CFE (ex-taxe professionnelle) dont nous avons de nombreuses fois souligné le taux prohibitif, n'a été ni annulée ni même revue à la baisse.

    Des interrogations à éclaircir lors d'un prochain conseil communautaire.......


jeudi 11 février 2021

Une nouvelle fois, Alstom se met en travers des rails de CAF

 

Une nouvelle fois, Alstom se met en travers des rails de CAF (dont une usine est présente sur Bagnères, ex-CFDB)



Le géant du ferroviaire Alstom refuse d'honorer le méga-contrat à 2,56 milliards d'euros de renouvellement des RER B, obtenu par Bombardier, entreprise qu'il vient de racheter.

Bombardier Transport et l'espagnol CAF avaient été retenus le 13 janvier dernier, face à l'offre (plus chère) d'Alstom, pour fournir 146 rames de RER pour 2,56 milliards d'euros, la livraison des premières rames étant prévue fin 2025. Mais Alstom a multiplié les recours, parvenant à retarder la signature du contrat jusqu'à sa prise de contrôle de Bombardier Transport, effective depuis le 29 janvier. Et le 4 février dernier, le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé qu’il retirait l’offre de Bombardier qu'il venait d'acquérir, jugé non-viable.

« Alstom doit exécuter ce contrat et livrer les nouveaux trains, tellement attendus par des centaines de milliers d'usagers du RER B », a souligné Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile de France, au sortir d'une réunion avec la RATP et la SNCF, à qui sont destinés les trains.

« Les conditions technico-financières de l'offre du consortium Bombardier-CAF ne correspondent pas aux prix de marché et ne permettent pas d'exécuter ce contrat sans risques importants pour le financeur, l'exploitant, les voyageurs et pour notre entreprise », a expliqué le groupe Alstom jeudi.

Mais plusieurs connaisseurs de l'industrie ferroviaire voient dans ces recours d'Alstom la volonté d'empêcher le constructeur espagnol CAF de gagner du terrain sur le marché français, grâce à ses tarifs plus avantageux, inférieurs de 10 % à 30 %.

La RATP et la SNCF ont alors expliqué : « Alstom a repris l'ensemble des contrats et engagements de Bombardier en rachetant l'entreprise. »

« Il ne faut pas oublier que dans la commande publique, quand vous avez fait une offre, qu'elle est ferme et qu'elle est acceptée, on ne peut pas négocier », a souligné sur BFM Business la PDG de la RATP, Catherine Guillouard.

Retour sur la politique industrielle d’Alstom 



En 2014, Patrick Kron décide de vendre la branche énergie d'Alstom au groupe américain General Electric (GE) face aux pressions du gouvernement américain et l'emprisonnement abusif d'employés stratégiques d'Alstom comme Frédéric Pierucci.

Le 5 mai 2014, le gouvernement français s'oppose à l'offre de General Electric, s'inquiétant des activités turbine de la filière nucléaire française civile et militaire L'état tente de renforcer son poids dans la négociation et le 16 mai, il promulgue un décret qui porte sur la possibilité donnée au gouvernement de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques.

Le 4 novembre 2014, le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (successeur d'Arnaud Montebourg), autorise l’investissement de General Electric dans Alstom.

Cinq ans plus tard, cette cession continue de faire couler beaucoup d’encre. Le parquet national financier, notamment, a récemment indiqué s’être saisi de l’affaire après qu’un député a émis des soupçons quant à un potentiel « pacte de corruption » impliquant Emmanuel Macron. Cette transaction, de près de 13 milliards d’euros, était - et est toujours - qualifiée par ses opposants de "scandale d'Etat", celle-ci revenant, entre autres, à confier à un groupe étranger la maintenance des turbines des 58 réacteurs nucléaires français.

« Des prestataires qui ont été rémunérés grâce à la vente d’Alstom Power figuraient parmi les donateurs de la campagne d’Emmanuel Macron » Olivier Marleix, députe LR en charge de la commission d’enquête.

Février 2019 : la Commission européenne rejette la fusion entre Alstom et Siemens (groupe Allemand) estimant que cette fusion ne respecte pas les règles de concurrence au sein de l'Union Européenne. Siemens serait devenu l’actionnaire principal avec 50 % des parts.

Février 2020, Alstom annonce l'acquisition des activités ferroviaires de Bombardier (groupe canadien) pour 6,2 milliards d'euros. Le rachat de Bombardier Transport est approuvé par la Commission européenne en juillet 2020. Afin d'être autorisé à racheter, Alstom a proposé à Bruxelles de se séparer de son usine de Reichshoffen (Bas-Rhin). Deux candidats au rachat du site se sont fait connaître à l’automne : le tchèque Skoda Transportation et l’espagnol CAF.

Présentée comme un succès du capitalisme tricolore, cette opération de rachat du Canadien par le Français marque surtout l’arrivée pour le nouveau groupe d’un nouvel actionnaire de référence: la Caisse des Dépôts et Placements du Québec même que côté français, l’actionnaire de référence d’Alstom –Bouygues– se désengage, ouvrant une autoroute aux intérêts canadiens qui deviennent… les premiers actionnaires de la nouvelle entreprise.


Dernier coup de poignard dans le dos de CAF



CAF était candidat au rachat de l'usine d'Alstom à Reichshoffen (Bas-Rhin). Mais celle-ci a finalement été cédée au modeste groupe tchèque Skoda Transportation, malgré la préférence des syndicats d'Alstom… pour CAF !

Ironie de l’histoire, Skoda devait être racheté par CRRC (groupe Chinois n°1 mondial du ferroviaire) en 2017. Mais le gouvernement tchèque avait, au dernier moment, bloqué l’opération. C’est finalement le milliardaire tchèque Petr Kellner qui avait racheté l’entreprise. Chez Alstom, certains craignent du coup que l’homme d’affaires tchèque ne revende Skoda dans quelques années au plus offrant. Une nouvelle occasion pour le Chinois CRRC de revenir à la charge en Europe, et de s’implanter en France.

Le constructeur espagnol CAF qui avait déjà obtenu le marché de rénovation de 43 rames du RER A, en partie réalisées sur son site des Hautes-Pyrénées assure que, quelle que soit l'issue du « méga contrat » du RER B, le groupe basque continuera d'investir dans son usine de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Croisons les doigts !!

 

lundi 8 février 2021

EDF : Le projet Hercule

 



 

Au nom de la transition énergétique, l’objectif est de décarboner tout le secteur de l’énergie. A quel prix ?

 

« La transition énergétique dans laquelle s’est engagée la France concourt à faire du véhicule électrique un élément important et incontournable de la mobilité durable de demain. En Occitanie, 1 134 bornes publiques ont été mises en service, l’ADEME ayant attribué environ 7 M€ d’aide au titre du Plan Investissement d’Avenir pour ce réseau régional. »

 

C’est à ce moment précis que le gouvernement choisit de démanteler EDF avec le projet Hercule.


Dans la presse du 21/12 : JBS dans la Dépêche 

Jean-Bernard Sempastous a déclaré aux salariés d’EDF que « le projet que porte le gouvernement a pour but de conforter le groupe EDF, qui dispose d’un parc de production d’électricité parmi les plus décarbonés au monde grâce au nucléaire et à l’hydro-électricité, et de lui permettre d’assurer son rôle clef dans la transition énergétique. » Une ambition qui ne va pas sans investissements massifs, d’autant que les grands concurrents européens, eux, continuent à investir largement. Reste en France à trouver une solution pour les financer sachant que "les mécanismes de régulation économique du nucléaire et de l’hydro-électricité, instaurés il y a plusieurs années, ne sont plus adaptés à la réalité des marchés de l’électricité", indique le député, précisant que les négociations entre la France et l’Europe sont en cours.

« Il n’est en rien un démantèlement d’EDF puisqu’il vise au contraire à donner les moyens à l’entreprise intégrée de rester le premier électricien bas carbone d’Europe, en sécurisant le financement de son parc nucléaire et en lui permettant d’investir massivement dans les autres aspects de la transition énergétique »

  

EDF



La conviction du Conseil National de la Résistance, de la nécessité du « retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol » inspire nettement le projet porté à l'Assemblée par Marcel Paul (PCF), qui entendait dès 1945 « gagner la bataille de la nationalisation de l'Électricité et du Gaz. » Le large vote en faveur de la nationalisation est dû à cette considération largement répandue après-guerre que l'énergie constitue en premier lieu un bien public et qu'à ce titre, sa gestion ne peut demeurer dans les mains de sociétés privées.

L'établissement public à caractère industriel et commercial EDF a été créé le 8 avril 1946 à la suite du vote de la loi no 46-628 sur la nationalisation de l'électricité et du gaz, par 491 voix pour et 59 contre.

Depuis 2000, le marché de l’énergie est ouvert à la concurrence suite à la transposition de la directive européenne libéralisant le marché. Depuis cette déréglementation, deux systèmes de tarification coexistent :

-        Délivrée uniquement par EDF une offre « réglementée »- le tarif bleu hérité du monopole de service public pour le particulier - voit ses conditions encadrées par l’État.

-        En parallèle, des offres « de marché » sont vendues par les fournisseurs privés

Très complexe, ce système dérégulé a été conçu dans un but : démanteler progressivement le service public.

En 2010, la loi portant nouvelle organisation du marché de l’électricité (dite loi « Nome ») mettait en place un mécanisme incroyable, qui oblige EDF à tenir à disposition de ses concurrents privés un volume important de sa production nucléaire (environ le quart) à prix coûtant (42 € / KWh) ! De plus, elle prévoit également de nouvelles modalités de calcul pour le prix réglementé de l’électricité : pour ne pas pénaliser le secteur privé, si les cours de Bourse de l’électricité augmentent, les tarifs régulés devront suivre. Ce qui fait dire à EDF que Bruxelles lui impose de subventionner la concurrence.

Ainsi la baisse promise par l’ouverture à la concurrence de l’entreprise publique, s’est traduite par une hausse de 60% des tarifs entre 2006 et 2020 alors que l’inflation restait inférieure à 20%. Cf Monde diplomatique

Malgré cela, et après plus de vingt ans d’efforts, les libéraux sont déçus : 80 % des clients choisissent encore le tarif réglementé, qui représente 84 % de la consommation des particuliers


Le projet Hercule



Aujourd’hui l’Etat français est propriétaire d’EDF à hauteur de 83,6%.

En mai dernier, Pendant qu’Emmanuel Macron évoquait les « jours heureux » en référence au programme du conseil national de la résistance, ses représentants négociaient à Bruxelles le torpillage de l’une des conquêtes de la Libération.

Le projet Hercule poursuit l’objectif fixée par une directive européenne de 1996 : imposer l’émergence d’acteurs privés tout en demandant à l’Etat d’assurer les risques liés à la filière nucléaire.

Hercule refonderait le groupe en 3 entités :

·         EDF bleu : chargé de la production nucléaire et thermique, auquel serait rattaché RTE (réseau de transport de l’électricité) / Capital public à 100%

·         EDF azur : chargé des concessions hydroélectriques / Capital public à 100%. La perspective de privatisation de l’exploitation de ces ouvrages stratégiques fait l’objet d’âpres négociations entre la Commission européenne et la France. L'Europe a en effet, mis en demeure la France d'ouvrir les barrages à la concurrence.

·         EDF vert : production éolienne et solaire, commercialisation, activités internationales (hors nucléaire), services et Enedis (exploitation des réseaux de distribution) / privatisation en bourse

Quels sont les risques de ce démantèlement ?

·         Disparition des tarifs réglementés pour les particuliers : bien que fortement dégradés, ils représentent encore une valeur refuse car ils mettent les usagers à l’abri de la volatilité des prix. (voir l’exemple de l’Espagne où la tempête Filomena a engendré des augmentation de 75% de la facture d’électricité, ce au nom du principe de l’offre et de la demande :  Augmentation des tarifs en Espagne

·         La stabilité du réseau électrique : le gestionnaire doit garantir à chaque instant l’équilibre parfait entre consommation et production, sous peine de coupures, voire de panne générale (coupure de courant en Californie en 2000 et 2001, conséquence de la libéralisation). La multiplication des acteurs fragiliserait cet équilibre.

·         Conséquences sur la péréquation tarifaire : aujourd’hui Enedis assure une desserte de tout le territoire au même prix. Demain, les actionnaires d’EDF Vert accepteront-ils d’investir à perte dans les zones rurales moins rentables que les grandes agglomérations ?

·         Enfin, ce projet désengage l’Etat vis-à-vis du solaire et de l’éolien qui demanderaient pourtant des investissements publics importants.

Le monopole public français qui avait permis de construire en quelques décennies un réseau et un parc de production capables d’amener l’électricité dans chaque foyer, a été progressivement affaibli par 20 années de dérégulation. Et cette décision arrive au plus mauvais moment. En effet, face à l’urgence climatique, il est indispensable de maintenir un opérateur public fort.

 


 

mercredi 27 janvier 2021

Voeux

 


L’année 2020 se termine et restera indubitablement dans nos souvenirs. L’humanité dans son intégralité a été mise face à sa fragilité. Ce qui faisait le quotidien de nos pas si lointains ancêtres, une épidémie à risque mortel, et que beaucoup d’entre nous avaient cru enfoui dans les poubelles de l’histoire, a surgi sans prévenir dans nos quotidiens. Et combien furent étonnantes les réactions de nos concitoyens : nombre d’entre eux, et notamment sur notre territoire de Bigorre, ont refusé l’évidence, la science étant assimilée à une croyance comme une autre. Qui aurait pu penser qu’un simple microorganisme puisse atteindre à ce point la rationalité ? Certes, en d’autres temps on aurait brûlé quelques sorcières ou crucifié deux ou trois chats noirs, pour plaire aux nombreuses entités d’un au-delà supposé. Aujourd’hui, on ne crucifie que sur Facebook les tentatives de remettre un peu d’esprit scientifique au cœur d’un océan de fadaises.

Nul doute que les mensonges répétés, l'absence d'anticipation et de stratégie du gouvernement n'ont pas aidé les citoyens à se faire une opinion éclairée sur la pandémie et sur les restrictions de liberté qui en ont découlé.

Par contre, même si les aides de l’Etat ont été distribuées sans crainte d’une flambée de la dette du pays, il n’en reste pas moins vrai que cela sera loin, très loin de suffire. Et tout un pan de nos concitoyens se retrouve ou va se retrouver devant une situation désespérée. Nous pensons bien sûr à toute l’industrie touristique (hôtels, restaurants, bars, stations de ski, thermalisme, …), au monde de la culture et du sport, mais aussi à tous les salariés dont les entreprises auront les plus grandes difficultés à se relever et notamment toute notre industrie aéronautique, premier employeur privé de notre département.

Les tenants de l’orthodoxie néolibérale auront beau jeu, confondant sciemment endettement et création monétaire, de mettre en avant le « gouffre de la dette COVID » pour poursuivre et accélérer leur œuvre de destruction des services publics à commencer par EDF. L’année 2021 va nécessiter de nous tous une vigilance accrue. Et pour cela, nous vous souhaitons à tous, de rester en bonne santé !

Stéphane Toujas et Sylvette Le Moal (ex-conseillers municipaux)


jeudi 14 janvier 2021

Le mirage du télétravail ?

 



Cette modalité d’organisation du travail a été brutalement introduite du jour au lendemain. Dès le mois de mars, d’invisibles alliés ont participé à forcer les décisions. Les questions du choix, de l’ajustement progressif et de la pédagogie se sont retrouvées en quelques jours dépassées par les conséquences de la multiplication d’un virus et il a fallu “faire avec”, faire avec toutes ces personnes contraintes à demeurer chez elles du matin jusqu’au soir.

Pourtant cette « révolution » de l’organisation du travail mijote depuis un moment dans certains cerveaux. Les avantages avancés sont divers.

Ainsi la CCHB dans son enquête pour l’ouverture d’un tiers-lieu mettait en question « la lassitude des longs transports quotidiens pour aller travailler », antienne reprise par les écologistes qui mettent en avant près de 4000 déplacements pendulaires quotidiens entre Tarbes et Bagnères. C’est oublier un peu vite la multiplicité des connexions, des vidéo-conférences et la surcharge énergétiques des serveurs centraux !

Autre avantage pour les employeurs, les adeptes du coworking ou des tiers-lieux leur ont laissé entrevoir la possibilité de réduire leurs coûts immobiliers et de se défaire de leurs bureaux. Ils pourraient également trouver un intérêt à transformer leurs salariés en prestataires indépendants postés un peu partout sur le territoire. De quoi signer définitivement la mort du contrat de travail…Et donner quelques idées à certains comme par exemple, dans une sorte de mondialisation renouvelée, embaucher depuis des filiales à l’étranger des profils qualifiés qui travailleraient depuis leur domicile français sans s’acquitter des cotisations sociales….

Mais la réalité s’est rappelée très vite aux thuriféraires du micro-entreprenariat.

*        En France, 18,5 millions d’emplois sur les 27 millions que compte le pays, ne se prêtent pas au télétravail (même l’enseignement que d’aucuns ont rêvé de pérenniser en distanciel, s’est révélé catastrophique et à tous les niveaux, de la maternelle à l’université, les apprentissages ne pouvant passer que par le collectif et les interactions maître/élèves)

*        S’il y a eu entre 25% et 44% de salariés qui ont télétravaillé durant le premier confinement, ils n’étaient plus que 10% en juillet. Ce qui tend à montrer que ni les salariés ni les employeurs sont prêts à le pérenniser.

*        Dans des conditions optimales, on observe des gains de productivité. Mais travailler entouré d’enfants dans un logement exigu ou coupé du collectif s’est avéré ne pas être un gage de productivité, bien au contraire.

Quelles difficultés sont soulevées par les salariés ?

*        Difficulté à se déconnecter : les salariés à distance travaillent en moyenne 2 heures de plus que ceux en présentiel. Heures supplémentaires gratuites pour l’employeur.

*        Si les salariés gagnent en autonomie et en efficacité, ils se plaignent néanmoins d’isolement et d’une pression managériale accrue renforcée par les messageries et les logiciels espions, sans que le contrôle du collectif de travail ne puisse s’exercer.

*        Sans oublier l’absence de séparation lieu de vie/lieu de travail

Pourtant c’est bien dans le collectif et dans les interactions avec les collègues que la productivité et la créativité se déploient le mieux dans une entreprise.

Le Président de la République mène, depuis qu’il a été ministre de François Hollande, un combat sans relâche contre le monde du travail. Tout d’abord avec la Loi Travail votée en 2016 malgré l’opposition de la majorité des organisations syndicales, puis avec la « réforme » (ou plutôt la destruction) du Code du Travail en 2017 et enfin avec la Réforme de la Fonction Publique. Toutes ces lois suivent le même objectif : mettre en pièce les collectifs de travail et marginaliser autant que faire se peut, les organisations syndicales en affaiblissant les possibilités de défenses des salariés.

Certes, il faut écouter avec prudence les oracles prédisant l’avènement prochain d’un télétravail généralisé, permettant de repeupler des vallées désertées et de réduire les déplacement automobiles rendus inutiles. Mais restons prudents et vigilants car les libéraux de tout poils n’ont pas fini leur travail de sape et ils sont encore prêts à continuer leur destruction méthodique des lois qui protègent les travailleurs, et n’hésiteront pas à utiliser tous les arguments en vogue (de la réduction des émissions de CO2 à l’équilibre de la vie professionnelle et familiale...).

mercredi 6 janvier 2021

Début des travaux d’implantation de l’antenne relais aux allées Maintenon

 


Apparemment, les travaux d’implantation de l’antenne relais de téléphonie mobile au 29 allées Maintenon par l’opérateur Orange ont commencé. Sa hauteur annoncée est de 22,80 mètres. (Id : 1899294)

L’implantation de cette antenne met avant tout en lumière les errements politiques locaux. Ainsi, alors qu’en juin 2018, le député Jean Bernard Sempastous, qui a fait partie des députés ayant voté la Loi ELAN, en février 2020, il se déclare opposé à l’implantation de l’antenne relais à proximité des allées Maintenon.

Rappelons tout de même que ces implantations d’antenne relais sont facilitées depuis le vote de la Loi ELAN du 23 novembre 2018. L’installation d'une antenne-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche est soumise à déclaration préalable auprès du maire de la commune.

Le maire peut principalement refuser ou imposer des prescriptions spéciales dans le cas où le projet d'antenne est « de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales » (article R. 111-27 du code de l'urbanisme).

Mais l’information au maire est réduite à un mois et le maire ne peut plus retirer l’autorisation d’urbanisme dès lors qu’elle a été donnée.

Quant à l’argument avancé par ses opposants sur l’impact sur la santé, il est bien précisé que la règlementation en matière sanitaire demeure établie par la police spéciale des communications électroniques confiée exclusivement à l'Etat. Donc argument non recevable en contentieux.

Mais cela n’empêche pas le député Jean Bernard Sempastous de s’offusquer de l’implantation de cette antenne que son vote à l’Assemblée Nationale a autorisée (sans résultat à ce jour puisque visiblement les travaux ont commencé...) : « J’ai contacté la société Orange pour faire remonter la problématique liée au mauvais emplacement de cette antenne. En l’état, nous ne pouvons accepter ce projet qui risque de dégrader durablement le paysage, la beauté des allées Maintenon et porter atteinte au site remarquable du Salut et du Bédat. Il faut revenir sur ce projet et trouver une alternative avec les riverains et les associations mobilisées ». Double discours !

Faut-il comprendre de ce communiqué que cette antenne, si elle n’a pas sa place sur les allées Maintenon, pourrait être implantée dans n’importe quel autre endroit de la ville ? Et dans ce cas, on peut se poser la question : sur quel autre point haut ? A côté de la vierge du Bédat ? (érigée en 1867 pour remplacer le drapeau national à la demande du clergé catholique, ce qui manqua de déclencher une véritable « guerre civile » sur la ville).

D’autre part, on nous explique qu’il est important de prendre en compte le besoin de couverture du territoire national en vue de résorber les zones blanches. En cette période de confinement et de télétravail (du reste amplement mis en avant autant par les économistes libéraux que par les tenants des tiers-lieux, mais nous reviendrons sur le sujet), les zones de la CCHB ayant encore des problèmes de connexion (et elles sont nombreuses), sont, elles, demandeuses d’une amélioration de la couverture 4G.

Bagnères compte à ce jour 9 antennes de téléphonie mobile dont une (4G) dans le centre historique à quelques mètres à peine de la Tour des Jacobains, dont personne n’a jamais parlé… et qui n’a nullement offusqué le député.

Enfin, si on veut aller au bout des contradictions, nous avons tous des téléphones portables, des ordinateurs connectés à la 4G pour nombre d’entre nous, mais nous refusons les antennes relais à proximité de nos habitations….Sans commentaires !

jeudi 24 décembre 2020

Carole Nicolas démissionne après moins de 6 mois de mandat

 



Nous venons d'apprendre que Madame Carole Nicolas, numéro 2 de la liste du BEC (Bagnères Ecologie Citoyenne), venait de présenter sa démission au Conseil Municipal de Bagnères.

Ce départ suit de peu la démission de Madame Nadine Portail, numéro 2 de la liste Roux-Robbé, remplacée par Monsieur Didier Rousse. On peut légitimement se poser la question : "A qui le tour ?". On peut aussi se demander qui pour remplacer cette conseillère municipale ? Si on s'en tient à la liste, ce devrait être Madame Catherine Gallès. Au moins qu'une femme remplace une femme !

De quoi ces démissions sont-elles le nom ?

Tout d'abord un profond mépris de la démocratie. Après avoir sollicité les suffrages des Bagnérais, ces gens refusent de siéger. C'est dire le peu de cas qu'ils font de la confiance de leurs électeurs, car majoritaire ou non, un élu se doit de représenter ses électeurs, de porter leur parole et surtout, de les informer des projets de la municipalité. Nous sommes face à une situation inédite car, que ce soit Bagnères Solidaire qui a siéger pendant 12 ans dans l'opposition, le Parti Socialiste ou le Front de Gauche, nul d'entre nous n'a songer à quitter le navire en cours de route.

Ensuite, ces défections étaient inscrites dans la campagne elle-même. Rappelons-nous l'entre-deux tours : après avoir joué les chevaliers blancs de l'écologie, Julien Robbé et quelques affidés n'ont pas hésité une seule seconde à faire exploser leur liste pour négocier trois cacahuètes auprès de Monsieur Sempastous. Contre la volonté majoritaire de sa liste, en dépit du fait que la liste du BEC était dans l'incapacité de se présenter au second tour, le député a erronément pensé que la victoire lui serait acquise s'il concédait quelques places à Julien Robbé et les amis qui lui restaient. Comme nous l'avons dit au moment : dans une élection, un plus deux n'égalent pas trois ! L'échec de la manœuvre était écrit. Mais se sont ainsi retrouvés sur une liste commune, siégeant dans l'opposition, un amalgame auquel personne ne comprend exactement où ils sont, ce qu'ils font et encore moins ce qu'ils disent (quand ils parlent, c'est à dire peu...)

Enfin, souvenons-nous que Julien Robbé s'était présenté aux Bagnérais comme "la seule liste de gauche", ce que nous avons dénoncé depuis le départ, puis comme parangon de l'écologie, tout ça pour se fondre dans une liste construite par le député LREM et pour négocier un poste de vice-président sur la CCHB aux affaires sociales et non à l'environnement, étrangement (ce qui lui permet au vu des indemnités liées à la fonction, de rajouter quelques noisettes de beurre dans ses épinards). Ce manque de conviction politique ne pouvait aboutir qu'à ce désastre pour la démocratie locale. 


La Cour des Comptes épingle la commune de Campan sur sa gestion de l'eau

  Les petits curieux qui seront allés rechercher le rapport de la Cour des comptes d’Occitanie sur Bagnères et la CCHB, auront également déc...